Deux plantes médicinales majeures : Sauge officinale et Sauge sclarée

Deux plantes médicinales majeures : Sauge officinale et Sauge sclarée.

Il existe en France plusieurs espèces de sauges qui n’ont pas toutes la même valeur au niveau médicinale. Les plus utilisées, les plus efficaces et les plus étudiées sont la sauge officinale (salvia officinalis) et la sauge sclarée (salvia sclarea) dont je souhaite vous parler. La sauge sclarée est répandue dans le Midi de la France. Elle y est cultivée pour l’industrie des parfums  et se retrouve le long des chemins  en sols fertiles. La sauge officinale est moins fréquente. Elle se retrouve à l’état subspontané ou naturalisé dans les lieux pierreux, ensoleillés et sur calcaire ( vestige d’anciennes cultures domestiques).

 Sauge officinale ou « herba sacra » des latins

Connue depuis l’Antiquité égyptienne, la sauge est restée célèbre depuis des siècles. Son nom latin salvia vient du latin salvare, « guérir », « sauver » qui témoigne des vertus reconnues à cette plante depuis si longtemps. Véritable panacée au Moyen-Age, la sauge fut protégée par les Capitulaires de Charlemagne. Cette plante a été ensuite périodiquement célébrée et oubliée des anciens, ce qui est un peu le cas actuellement avec les médecins. Si les sauges officinale et sclarée ne guérissent pas tous les maux, voici quelques unes de leurs multiples propriétés. Elles sont stimulantes, stomachiques, emménagogues, antispasmodiques, fébrifuges et antisudorales. En usage externe elles se montrent antiseptiques, cicatrisantes et résolutives.

Sous forme d’extrait, la sauge officinale développe des propriétés antisudorales (réduction de 18 à 52% de la transpiration). Ceci a été  démontré sur 18 sujets  sains ayant absorbé une préparation de feuilles fraiches. Ces effets apparaissent entre le 1er et le 4ème jour de traitement , mais disparaissent au bout de 9-10 jours.

Aucune toxicité aiguë ou chronique ne semble signalée après emploi aux doses usuelles des feuilles de sauges .Ceci  n’est pas le cas de son huile essentielle (HE) qui renferme une quantité importante de thuyone, une cétone très toxique. L’HE de sauge sclarée renferme surtout de l’acétate de linalyle (jusqu’à 85%) et une petite quantité de sclaréol, un diterpène à activité œstrogénique. Il est donc préférable de privilégier l’utilisation d’HE de sauge sclarée (notamment dans le cas de ménopause). Attention cependant avec ces 2 HE, à activité œstrogénique, chez les femmes présentant une mastose ou un fibrome utérin!

Les premières à avoir inventé la pédale?

Dans leur famille des Labiées, les sauges se distinguent par leur gestion et richesse des mécanismes de pollinisation. Le mécanisme le plus surprenant réside dans la présence de deux élargissements sur la base des étamines, paraissant ainsi obstruer l’entrée du tube de la corolle. Quand un insecte arrive, attiré par le nectar situé au fond du tube, il s’avance pour l’aspirer et pousse de la tête ces sortes de pédales. Du coup celles-ci lui rabattent sur le dos les anthères des étamines. Ce mécanisme permet de leur badigeonner le dos de pollen. Quand l’insecte quitte la fleur pour une autre fleur à un stade sexuel différent, elle présente une sorte de fine langue (partie sexuelle femelle). Cette fine langue, fortement recourbée vers le bas, va balayer le dos de l’insecte. Grâce à ce mécanisme astucieux, la fleur récupère un peu de pollen. Ceci garantit la pollinisation de la plante!

Vous pouvez tester vous même ce mécanisme en introduisant une brindille dans une fleur au stade mâle (avec étamines), et vérifier le basculement des étamines…